Le procès des cinq généraux accusés d’avoir abandonné leurs troupes en pleine bataille au Nord-Kivu se poursuivra le mardi 25 mars devant la Haute Cour militaire. Lors de l’audience du 20 mars, le premier président de la juridiction a précisé que la cour se prononcera d’abord sur la demande de liberté provisoire introduite par l’un des prévenus, le commissaire divisionnaire Ekuka Lipopo Romuald, gouverneur a.i du Nord-Kivu. Ce dernier, actuellement incarcéré à la prison militaire de Ndolo, invoque des raisons de santé pour obtenir sa mise en liberté. Ses avocats estiment qu'il nécessite des soins médicaux urgents incompatibles avec son maintien en détention.
Avant de se prononcer sur cette requête, la Haute Cour militaire entendra le ministère public, qui devra répliquer sur le mémoire déposé par la défense. Par ailleurs, en vue de l’instruction au fond du dossier, la juridiction a exigé que chaque prévenu communique la liste de ses témoins à décharge. Ce procès, hautement sensible, s’est déroulé à huis clos depuis le début, à la demande du ministère public et des avocats de la défense. Les journalistes et le public ont été priés de quitter la salle, l’affaire impliquant des informations sécuritaires jugées délicates.
Les accusés sont trois généraux des FARDC et deux généraux de la police, poursuivis pour des infractions graves : lâcheté, perte de matériels militaires, incitation des troupes à l’indiscipline et violation des consignes. Il leur est reproché d’avoir fui Goma à bord d’un bateau privé le 26 janvier, laissant les soldats sans commandement et abandonnant des équipements de l’armée, qui auraient été récupérés par l’ennemi. Cette désertion a été perçue comme une trahison, alors que le chef de l'État avait exigé de tous les responsables militaires et sécuritaires de rester en place pour défendre la ville à tout prix.
Ce procès cristallise les tensions autour de la situation sécuritaire à l'Est du pays et pose des questions sur la discipline au sein des forces armées. Tandis que la défense plaide des circonstances atténuantes et invoque l’état de santé de certains prévenus, le ministère public entend démontrer une faute grave mettant en péril la souveraineté nationale. La prochaine audience du 25 mars sera donc déterminante, non seulement pour statuer sur la demande de liberté provisoire d’Ekuka Lipopo Romuald, mais aussi pour fixer le cadre de l’instruction à venir.
Plamedi MUZAMA