La tension monte au sein de l’Assemblée provinciale du Kwilu après la suspension de l’élection de son Bureau définitif par Jacquemin Shabani, Vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur. Les députés provinciaux dénoncent cette décision qu’ils considèrent comme une ingérence dans la gestion interne de leur institution. Selon eux, la mise en place du Bureau ne dépend ni de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) ni du gouvernement central, mais relève exclusivement du fonctionnement normal de l’Assemblée provinciale.
Les élus du Kwilu rappellent que la seule condition posée pour organiser cette élection était la tenue des scrutins à Masi-Manimba, annulés en janvier 2024 et reportés à plusieurs reprises avant de finalement avoir lieu en décembre dernier. Avec la validation des huit nouveaux députés provinciaux en février, l’Assemblée compte désormais ses 47 membres au complet, ce qui, selon eux, lève tout obstacle à l’élection du Bureau définitif. Ils exigent donc le retrait immédiat de la décision du ministre de l’Intérieur et réclament la publication du calendrier électoral pour l’élection des sénateurs, du gouverneur et du vice-gouverneur.
Cette situation s’inscrit dans une crise institutionnelle plus large qui paralyse la province depuis plusieurs mois. L’annulation des élections de Masi-Manimba avait retardé le renouvellement des institutions provinciales, et malgré la reprise des scrutins, la CENI a récemment demandé à l’Assemblée provinciale de surseoir à l’élection de son Bureau en attendant la programmation des élections des sénateurs et des gouverneurs. Les députés provinciaux jugent cette nouvelle décision injustifiée et estiment que l’inaction du gouvernement central met en péril la gouvernance de la province.
À l’approche de la session parlementaire de mars 2025, les élus du Kwilu craignent que la province soit encore privée de représentation au Sénat, ce qui pourrait aggraver la crise politique. Alors que l’Assemblée provinciale cherche à retrouver sa stabilité, l’intervention du ministre de l’Intérieur suscite de vives tensions et laisse planer de nombreuses incertitudes sur l’avenir politique du Kwilu.
Plamedi MUZAMA