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Politique

RDC : Vers un gouvernement d’union nationale sans l’opposition ?

Les consultations en vue de la formation d’un gouvernement d’union nationale ont débuté le lundi 24 mars 2025 en République Démocratique du Congo. Annoncées par Désiré-Cashmir Kolongele Eberande, conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, ces pourparlers visent à surmonter les divisions internes et à relever les défis politiques et sécuritaires du pays, notamment dans l’est, toujours en proie à l’insécurité malgré les efforts de médiation régionaux et internationaux.

Cependant, cette initiative censée rassembler toutes les forces politiques pour garantir une stabilité nationale se heurte à un obstacle majeur : le boycott de l’opposition. Moïse Katumbi, Delly Sessanga, Matata Ponyo et Martin Fayulu ont tous décliné l’invitation du pouvoir, dénonçant une démarche qu’ils jugent « cosmétique » et destinée à légitimer un régime qu’ils considèrent comme illégitime.

Ce refus de participer soulève de nombreuses interrogations sur l’efficacité et la légitimité du futur gouvernement. Peut-on réellement parler d’union nationale lorsque les principales figures de l’opposition refusent d’y prendre part ? L’absence de ces leaders affaiblit d’emblée la portée de ces consultations et risque d’exacerber la crise politique postélectorale qui divise le pays depuis janvier 2024.

Sur le plan sécuritaire, cette impasse politique intervient à un moment où la RDC fait face à une menace existentielle : l’agression persistante du M23 soutenu par le Rwanda. Avec une armée qui peine à contenir l’avancée des rebelles et une diplomatie qui cherche encore une issue viable aux tensions régionales, l’unité nationale apparaît plus que jamais comme un impératif. Pourtant, la fracture politique actuelle pourrait affaiblir davantage la cohésion nationale et compromettre les efforts de défense du territoire.

En refusant de s’asseoir à la table des négociations, l’opposition envoie un signal fort sur son rejet du pouvoir en place, mais prend aussi le risque d’être tenue à l’écart des futures décisions politiques du pays. De son côté, le camp présidentiel devra démontrer que son gouvernement d’union nationale, même sans ces figures de l’opposition, pourra rassembler et répondre aux défis cruciaux du moment.

L’avenir de la RDC repose donc sur un équilibre fragile, entre une majorité qui cherche à renforcer son autorité et une opposition qui refuse toute concession. Reste à savoir si le pays pourra survivre à cette division alors que l’ennemi est aux portes.

La Rédaction